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Aidant familial : salaire, congé, et ce que la CAF peut verser

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Devenir aidant d’un parent ou d’un conjoint se fait rarement par choix planifié : c’est une situation qui s’impose, souvent progressivement, jusqu’à occuper un temps considérable sans qu’aucun statut ne vienne le reconnaître. Plusieurs dispositifs existent pourtant pour compenser une partie du temps perdu et, dans certains cas, une partie du salaire non perçu.

Le congé de proche aidant, pour s’arrêter sans démissionner

Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre ou réduire son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie, sans avoir à démissionner. Il se prend pour une durée de trois mois renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière, et l’employeur ne peut s’y opposer, seulement en aménager les modalités avec le salarié. Ce congé n’est pas rémunéré par l’employeur, mais il ouvre droit, sous conditions, à une indemnisation spécifique.

L’allocation journalière du proche aidant

C’est le dispositif le moins connu et pourtant le plus concret : l’allocation journalière du proche aidant, versée par la CAF (ou la MSA pour le régime agricole), compense une partie de la perte de revenu pendant le congé de proche aidant. Elle se verse par journée ou demi-journée, dans la limite de 66 jours sur l’ensemble de la carrière, un plafond fixé par la loi. Le montant journalier correspond à un ordre de grandeur proche de celui d’une indemnité journalière de sécurité sociale, et il est réévalué périodiquement : le chiffre exact doit toujours être vérifié auprès de la CAF au moment de la demande plutôt que retenu d’une lecture antérieure.

Les aides destinées à la personne aidée, pas à l’aidant

Deux autres dispositifs, bien distincts du congé de proche aidant, financent indirectement le rôle de l’aidant en finançant la personne aidée. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée par le département, aide les personnes âgées en perte d’autonomie à financer les services dont elles ont besoin à domicile, y compris, dans certains départements, une part de dédommagement pour un aidant familial qui renonce à une activité professionnelle. La prestation de compensation du handicap (PCH) joue un rôle comparable pour les personnes en situation de handicap, avec la possibilité, sous conditions, de rémunérer un aidant familial comme salarié.

Comparer les dispositifs d’un coup d’œil

Dispositif Condition principale Ce qu’il apporte Organisme
Congé de proche aidant Salarié, proche en perte d’autonomie reconnue Suspension d’activité protégée, jusqu’à 3 mois renouvelables Employeur
Allocation journalière du proche aidant Congé de proche aidant en cours Indemnité par jour, 66 jours maximum sur la carrière CAF ou MSA
APA Personne aidée de plus de 60 ans, perte d’autonomie évaluée Financement de services à domicile, dédommagement variable Département
PCH Personne aidée en situation de handicap reconnue Possibilité de salarier l’aidant familial Département (MDPH)

Le statut d’aidant, une reconnaissance récente

Longtemps, aucun texte ne reconnaissait officiellement le rôle d’aidant familial : c’était une réalité vécue, jamais nommée par l’administration. La loi a progressivement défini ce statut, ouvrant droit aux dispositifs présentés ici, et permettant aussi, dans certains cas, une meilleure prise en compte de la fatigue de l’aidant lors des évaluations médico-sociales de la personne aidée. Se déclarer explicitement aidant familial auprès des organismes concernés, plutôt que de rester dans une aide informelle non recensée, ouvre l’accès à des solutions de répit trop souvent méconnues.

Les solutions de répit, à ne pas négliger

Accompagner un proche au quotidien use, physiquement et moralement, bien au-delà de ce qu’on anticipe au début. Des solutions de répit existent pourtant, financées en partie par l’APA ou la PCH selon la situation : l’accueil de jour, qui prend en charge la personne aidée quelques heures ou une journée par semaine dans une structure adaptée, ou l’hébergement temporaire, quelques jours à quelques semaines, qui permet à l’aidant de partir en vacances ou simplement de souffler. Ces solutions restent sous-utilisées, souvent par méconnaissance de leur existence ou par culpabilité à l’idée de « confier » un instant son proche à quelqu’un d’autre, alors qu’elles conditionnent souvent la capacité de l’aidant à tenir dans la durée sans s’épuiser.

Ce que ces dispositifs ne couvrent pas

Aucun de ces dispositifs ne remplace un salaire à temps plein, et leur cumul reste soumis à des règles précises qui varient selon la situation familiale et le régime de retraite du proche aidé. Il est également utile de savoir que les périodes de congé de proche aidant sont prises en compte pour la retraite de base, sous certaines conditions, ce qui limite un peu l’impact sur les futurs droits à pension.

La retraite de l’aidant, un impact à ne pas négliger

Réduire ou suspendre son activité professionnelle pour aider un proche a un coût qu’on mesure rarement au moment où on le fait, mais qui se révèle des années plus tard sur le montant de la retraite : moins de trimestres cotisés, un salaire de référence parfois abaissé. Le congé de proche aidant permet, sous conditions, une validation de trimestres pour la retraite de base, ce qui limite en partie cet impact, mais ne le compense jamais totalement face à une carrière poursuivie à temps plein sur la même période. C’est un point à intégrer dans la réflexion, en particulier pour un aidant encore loin de l’âge de la retraite, dont l’arrêt d’activité peut s’étendre sur plusieurs années.

Par où commencer

La première démarche consiste presque toujours à contacter le point d’information locale dédié à l’autonomie, souvent hébergé par le département ou le centre communal d’action sociale, qui oriente vers le bon dispositif selon l’âge et la situation de la personne aidée. Se renseigner tôt, avant que la situation ne devienne urgente, permet d’activer ces aides au bon moment plutôt que de les découvrir après plusieurs mois d’épuisement — un épuisement que beaucoup d’aidants sous-estiment, jusqu’à ce qu’il affecte leur propre santé, un sujet que nous abordons aussi dans notre rubrique santé et bien vieillir.


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