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Organiser des obsèques : les démarches des six premiers jours

Avatar de Martine Coudray

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Un décès impose, dès les premières heures, une série de démarches auxquelles personne n’est vraiment préparé, quel que soit l’âge auquel il survient. Les connaître à l’avance, même sans y penser en détail, aide à traverser ces jours sans ajouter la confusion administrative au chagrin.

1. Faire constater le décès

La première démarche, incontournable, consiste à faire établir le certificat de décès par un médecin. À domicile, on appelle le médecin traitant ou un médecin de garde ; en établissement de santé ou en EHPAD, l’équipe médicale s’en charge directement. Ce certificat est indispensable pour toutes les démarches qui suivent, y compris la déclaration en mairie : sans lui, rien d’autre ne peut être engagé.

2. Déclarer le décès à la mairie

La déclaration doit être faite à la mairie du lieu du décès dans les 24 heures qui suivent, hors dimanches et jours fériés, selon les démarches détaillées par service-public.fr. Cette démarche, réalisée en général par un proche ou directement par l’opérateur funéraire choisi, permet d’obtenir l’acte de décès, document réclamé ensuite par de nombreux organismes : banques, caisses de retraite, assurances. Il est utile d’en demander plusieurs copies dès cette étape, pour éviter des allers-retours répétés en mairie dans les semaines suivantes.

3. Choisir un opérateur funéraire

L’opérateur funéraire prend en charge l’organisation matérielle des obsèques : transport du corps, choix entre inhumation et crémation, cercueil, cérémonie. La loi impose de demander un devis détaillé avant toute signature, avec le prix de chaque prestation clairement séparé, ce qui permet de comparer plusieurs opérateurs si le temps le permet. Certaines familles découvrent à cette étape qu’un contrat obsèques avait été souscrit par le défunt de son vivant : il faut alors le signaler immédiatement à l’opérateur, ce contrat prévoyant généralement déjà le financement, et parfois le détail précis, des obsèques.

Le choix entre inhumation et crémation, quand il n’a pas été exprimé par le défunt, revient à la famille et doit être arbitré rapidement avec l’opérateur, puisqu’il oriente ensuite toute l’organisation. L’inhumation nécessite l’achat ou l’usage d’une concession existante, dont la démarche se fait également en mairie ; la crémation impose de décider, en amont, du devenir de l’urne, dispersion, columbarium ou caveau, une décision qui a elle-même un cadre légal précis et ne se prend pas à la légère dans l’urgence des premiers jours.

4. Vérifier l’existence de volontés exprimées

Avant d’avancer trop loin dans l’organisation, il est utile de vérifier si le défunt avait exprimé des souhaits précis : inhumation ou crémation, lieu, type de cérémonie. Ces volontés peuvent figurer dans un testament, un contrat obsèques ou simplement avoir été confiées oralement à un proche. Le Code civil accorde une valeur contraignante à des volontés clairement exprimées, y compris sans document écrit formel, ce qui évite parfois des désaccords familiaux au pire moment.

5. Respecter le délai légal d’organisation

Les obsèques, inhumation ou crémation, doivent avoir lieu dans un délai légal de six jours ouvrables après le décès, sauf dérogation accordée par la préfecture pour un motif particulier, comme l’attente d’un proche venant de l’étranger. Ce délai, souvent découvert au moment où il s’applique, explique le rythme parfois précipité de l’organisation, et rend d’autant plus utile d’avoir déjà identifié un opérateur funéraire réactif dès les premières heures.

6. Prévenir les organismes, sans attendre les obsèques

En parallèle de l’organisation de la cérémonie, certaines démarches doivent être engagées rapidement : informer l’employeur si le défunt était encore en activité, prévenir la banque, qui bloque alors les comptes individuels du défunt, et signaler le décès à la caisse de retraite pour arrêter le versement des pensions, un point souvent source d’indus à rembourser plus tard si la déclaration tarde. Ces démarches administratives, moins urgentes que l’organisation des obsèques elles-mêmes, ne doivent toutefois pas être reportées de plusieurs semaines.

Le capital décès, une aide souvent oubliée

Si le défunt était salarié ou assimilé au moment de son décès, ou percevait certaines prestations sociales, ses ayants droit peuvent prétendre à un capital décès versé par l’Assurance maladie, destiné à couvrir une partie des frais immédiats liés au décès. Cette aide, méconnue, doit être demandée dans un délai limité après le décès : elle n’est jamais versée automatiquement, contrairement à ce que beaucoup de familles pensent. D’autres organismes, mutuelles ou assurances obsèques souscrites par ailleurs, peuvent également prévoir des versements complémentaires, qu’il est utile de vérifier en parcourant les papiers du défunt avant de considérer le dossier clos.

Traverser ces jours sans tout porter seul

Il est rare qu’une seule personne parvienne à gérer seule l’ensemble de ces démarches tout en vivant le deuil. Répartir les tâches entre plusieurs proches — l’un s’occupant de la mairie et des papiers, un autre de l’opérateur funéraire, un troisième des appels aux organismes — allège une charge qui, sinon, retombe presque toujours sur une seule personne dans la famille. Ces questions pratiques rejoignent souvent, dans les mois qui suivent, celles liées à la succession, abordées dans notre rubrique argent et retraite.


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