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Universités du temps libre : reprendre des cours à 65 ans

Avatar de Martine Coudray

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Reprendre des cours à la retraite n’a rien d’une lubie. Les universités du temps libre, présentes dans la plupart des grandes villes françaises, accueillent chaque année des milliers de retraités venus suivre une conférence d’histoire de l’art, un atelier de langue étrangère ou un cycle sur l’astronomie, sans autre objectif que la curiosité.

Comment ça marche vraiment

Le principe est simple : on s’inscrit comme auditeur libre, sans condition de diplôme ni examen à passer. L’inscription annuelle coûte en général entre 50 et 150 euros selon les villes et le nombre de cours choisis, un tarif sans commune mesure avec une formation classique. Certaines universités du temps libre sont adossées à une université traditionnelle, d’autres fonctionnent en association indépendante, mais toutes proposent un catalogue large : littérature, sciences, histoire locale, langues, parfois même des sorties culturelles organisées en complément des cours en salle.

Des matières bien plus larges qu’on ne l’imagine

Le catalogue dépasse largement les conférences d’histoire de l’art auxquelles on pense en premier. Beaucoup d’universités du temps libre proposent aussi des ateliers de langue, du théâtre amateur, de l’informatique pour débutants ou des cycles de sciences accessibles sans prérequis, animés le plus souvent par des enseignants retraités ou des spécialistes bénévoles. Certaines structures organisent également des sorties culturelles en petit groupe, musées ou monuments, qui prolongent en dehors des cours le lien créé entre auditeurs. Il n’est pas rare qu’une même personne s’inscrive à deux ou trois cycles différents la même année, simplement pour le plaisir de varier les sujets sans contrainte d’assiduité stricte.

Un réseau national bien structuré

La plupart de ces structures sont fédérées au sein de l’Union française des universités tous âges, qui recense les antennes locales et garantit un socle commun de qualité pédagogique. C’est souvent le point de départ le plus simple pour trouver l’université du temps libre la plus proche de chez soi et connaître son calendrier d’inscription, généralement ouvert en septembre pour l’année universitaire.

Ce que ça change, au-delà du savoir

Le contenu des cours n’est qu’une partie de l’intérêt. Suivre un cycle de conférences chaque semaine impose un rythme, une sortie régulière, souvent de nouvelles rencontres avec d’autres auditeurs partageant les mêmes centres d’intérêt. C’est aussi l’un des rares cadres où l’on continue d’apprendre sans enjeu de performance : personne ne note, personne n’évalue, et il est parfaitement possible de suivre un cours sans faire les lectures conseillées. Contrairement à une idée répandue, l’âge moyen des auditeurs dépasse largement la seule tranche des jeunes retraités : on croise, dans la même salle, des personnes de soixante ans tout juste installées dans leur retraite et d’autres bien au-delà de quatre-vingts ans, toutes réunies par la même curiosité plutôt que par une génération commune. Beaucoup d’anciens élèves racontent y avoir trouvé bien plus qu’un loisir intellectuel : une manière de garder un pied dans la vie de la cité, tout comme s’investir auprès des petits-enfants ou de la vie de famille occupe autrement le temps retrouvé de la retraite.


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